jeudi 19 mars 2009

La mièvre du samedi soir

Samedi soir, en sortant du boulot, je suis allé me boire un pot à deux pas. Et j'ai engagé la conversation avec une nana. D'une mièvrerie affligeante (N'est-ce pas redondant ?). Elle avait le même âge que moi (la trentaine bien sonnée) mais on aurait dit que c'était une ado qui faisait sa première sortie de samedi soir. Gentille, je ne dis pas, brave je ne dis pas non plus, mais mièvre, genre: "Une bière, c'est raisonnable mais deux, c'est la porte ouverte à l'alcoolisme. Et tu sais, l'alcoolisme, ça conduit à la cirrhose, qui débouche sur le cancer du foie, une maladie mortelle." En plus, c'est faux: tous ces problèmes de santé ne sont pas mortels mais une fois guéri, on en garde généralement des séquelles lourdes qui grèvent les petits bonheurs d'une vie épanouie. Mais cela n'interdit pas de pouvoir connaître des joies et des bonheurs alternatifs. Je considère que mon analyse est typique d'un mièvre et d'une personne épanouie. (Mon épanouissement n'est pas venu tout seul et le parcours n'a pas été aisé).

La personne mièvre est une personne paresseuse (une valeur sacralisée de notre époque). Je ne parle pas de la paresse  dans son sens... mièvre de rester à flemmarder au lit. Non, c'est bien trop réducteur. Et ça n'a aucun sens pour moi, c'est bien trop circonstanciel, aucun intérêt de bavasser sur le sujet. Je parle d'une paresse plus volontaire mais moins assumée, celle de ne pas vouloir prendre de risque de peur de ce que l'on va perdre. Une vie qui vaut la peine d'être vécue, qui vaut la peine d'avoir été vécue est faite de positif et de négatif, d'expériences réussies et ratées, d'expériences dont on a tiré les conclusions pour ne pas en reproduire le mauvais et aller vers les aspects toujours plus fabuleux de l'existence.

Souvent la personne qui tient un discours mièvre est une personne qui a conscience de sa paresse à se maintenir à flot des conversations de salon. Elle n'a rien à dire. Mais inavouable. Alors, pour ne pas s'exclure définitivement, elle préfère tenir des propos mi-chèvre mi-chou, politiquement très corrects jusqu'à atteindre des propos "d'extrême centre". Oui, c'est une forme d'extrémisme qui m'est intolérable.

On condamne aujourd'hui les discriminations. Oui, mais c'est s'en prendre qu'à l'aspect superficiel du problème. Toute personne qui commet de la discrimination agit par une connaissance bancale du phénomène. Une "bancalité" qui la fait se tenir le cul entre deux chaises, dans un inconfort qu'elle doit extérioriser en éprouvant le besoin de détruire cette réalité qu'elle admet partiellement puisqu'elle la persécute mais elle ne la comprend pas, elle ne la saisit pas. Elle peut essayer d'y arriver mais elle se rend compte qu'elle est toujours dans l'échec. C'est le cercle vicieux avec de la contrariété. L'envie de détruire le phénomène augmente, augmente jusqu'au faux pas répréhensible par la loi. Je ne crois pas que la sanction soit la solution. Je crois qu'il s'agit plutôt d'accompagner la personne pour réussir sa compréhension du phénomène. Et alors, si elle doit être sanctionnée, elle pourra comprendre la sanction, donc l'admettre et l'effectuer sans trop de problèmes. (Mais il y a une si fâcheuse tendance à tout faire, tout dire en dépit du bon sens... Si vous voulez vexer quelqu'un, faites lui valoir que ce que vous dites c'est le bon sens. La personne se fâchera plutôt que d'avoir la faiblesse d'admettre. On m'a même demandé récemment de quel bon sens je pouvais bien parler. Comme s'il pouvait en exister plusieurs... No comment)


Non!

dimanche 19 octobre 2008

Comment répondre aux propos des anti-homos en dix leçons

Un article trouvé (en anglais) sur le web;

Lezgetreal

Je m'en fais un plaisir de le traduire parce que c'est bourré de bon sens, en particulier. L'autre bon aspect, c'est que les réponses sont concises et "interdisent" un verbiage polémique.

Remarque n°1: La Bible dit qu'être homo, c'est un péché.
Réponse: La Bible dit un tas de trucs.

Remarque n°2: Être homo, ce n'est pas naturel. Ca va l'encontre des fondements de l'humanité.
Réponse: Ce n'est peut-être pas naturel pour TOI. Étais-tu là, toi, quand l'humanité a été fondée ?

Remarque n°3: Les homosexuels sont des déviants sexuels, les rapports sexuels, c'est pour la procréation.
Réponse: Selon ce raisonnement, cela voudrait dire que les couples hétéros qui ne peuvent pas ou ne veulent pas d'enfants sont des déviants sexuels eux aussi et qu'ils devraient se revoir retirer leur droit au mariage eux aussi.

Remarque n°4: Le mariage est supposé être entre un homme et une femme.
Réponse: C'est l'état actuel du droit entre les hommes et les femmes, mais les couples de même sexe sont des êtres humains eux aussi. Si ces couples désirent avoir les mêmes responsabilités légales du mariage qu'un couple hétéro, ils devraient se voir accorder les mêmes droits et les mêmes protections au regard de la loi.

Remarque n°5: L'homosexualité est un choix et vous ne devriez pas choisir d'être homos.
Réponse: Cela a-t-il un sens que je choississe de vivre comme un citoyen de seconde zone, sans droits, à mendier ma dignité ? Je suis ce que je suis. Demander à un homosexuel de choisir de devenir hétéro c'est comme demander à un zèbre de perdre ses rayures et de devenir un poney.

Remarque n°6: Être homosexuel est un comportement inacceptable, vous devriez être plus chaste.
Réponse: Vous ne me possédez pas. Je ne vous dis pas comment vivre votre vie et je pense qu'il ne serait pas juste de fouler vos droits parce que je ne suis pas d'accord avec votre façon de vivre.

Remarque n°7: Si le mariage homo est légal, les gens vont vouloir épouser leur animal de compagnie et les écoles vont enseigner que le mariage homo est convenable.
Réponse: Les hétéros se marient (et divorcent) depuis des miliers d'années et ils n'épousent toujours pas leur animaux de compagnie. Les profs enseignent déjà à des enfants de couples homos que le mariage hétéro est convenable.

Remarque n°8: Le mariage a toujours été entre un homme et une femme. On ne devrait pas le changer parce qu'un petit groupe de personnes protestent.
Réponse: La société a évolué pour inclure tout le monde, peu importe leur sous-représentation. Il n'y a pas si longtemps, les Noirs ne pouvaient pas épouser les Blancs et les Américains ne pouvaient pas se marier dans une autre catégorie sociale. Les temps ont changé et les lois sur le mariage doivent en faire autant.

Remarque numéro 9: Soutenir le mariage homo entraînera plus de monde à devenir homo.
Réponse: Le mariage homosexuel permettra à plus de gens d'être ce qu'ils sont sans avoir peur d'être persécutés.

Remarque n°10: Dieu déteste les homosexuels.
Réponse: Dieu m'a fait, TU détestes les homos, c'est ton point de vue.

Vous souhaitez réagir ? Pourquoi pas... Mais ne tombez pasdans le panneau de tomber dans les arguments à deux balles des homophobes. Ils se caractérisent par un manque de culture générale, par un manque de connaissance du milieu homo, le plus souvent par volonté délibérée (toute attitude de refus par volonté délibérée est une attitude idiote et dont on a souvent à se repentir en atteignant la sagesse, le plus souvent fondée sur les expériences et les épreuves de l'existence).

Si vous voulez réagir, d'accord, mais restez dans une dignité dont les homophobes ne sont pas capables, sans même s'en rendre compte. Accordez leur un respect, intellectuel au minimum, accordez leur l'éventualité d'évoluer dans leurs opinions sur l'homosexualité sans les contraindre. Vous les mettrez dans l'embarras, vous leur accordez une présomption alors qu'ils se refusent à vous en accorder aucune...

Faites preuve de concision et de bon sens, une arme redoutable contre la bêtise et l'obbscurantisme.

Non!

samedi 6 septembre 2008

En passant, dans la rue

Fin août, je me promenais Place de l'Hôtel de Ville à Paris (4e) et des personnes distribuaient des brochures. Je suis toujours assez curieux de voir ce que cela peut contenir.

La brochure s'intitulait: "Quelle sorte d'athée êtes-vous ?" avec un petit personnage (dessiné sommairement) en dessous qui dit: "Je crois avec une fois parfaite qu'il n'y a pas de Dieu!"

Il s'agit d'un questionnaire où il faut cocher la case "correspondant le mieux à vos croyances (ou incroyances) (sic)"

Le personnage commence par amorcer la phrase: "J'ai compris que j'étais athée..."
  • Quand le prêtre/rabbin /pasteur s'est mis à parler et que je me suis demandé à qui il pouvait bien parler ? (Déjà, ça me fait hurler d'indignation. Il ne faut pas être supérieurement intelligent pour savoir à qui un ministre du culte peut être en train de parler ? Au singe de la ménagerie du jardin des Plantes ? Et pourquoi pas à une certaine partie de mon anatomie aussi tant qu'on y est ?)
  • Quand je me suis rendu compte qu'un Dieu bon ne permettrait pas tant de souffrance humaine (un peu éculé comme argument, non ?)
  • Au moment de ma première communion/Bar Mitzvah (Tu crois pas que tu réagis un peu tard mon grand ? Tu ne crois pas que c'est une question à se poser avant, non ?)
  • Je suis né athée. (Et tu ne peux pas envisager de remettre en question tes opinions ? ta foi ?)
Ensuite, le personnage demande: "Ce qu'il y a de mieux dans le fait d'être athée, c'est que..."
  • Je peux agir comme bon me semble sans me sentir coupable. (Faut-il vraiment être athée pour être un homme épanoui qui vit ce qu'il a à vivre ?)
  • J'ai mes samedis/dimanches de libre (Je n'ai pas pour habitude de commenter les âneries de cour de récréation énoncées par des adultes).
  • Je peux décider moi-même de mon intégrité morale et intellectuelle. (Ce n'est pas une question de croyance religieuse, ça n'a rien à voir).
Le bonhomme revient et déclare: "Après la lecture de la Bible, j'en ai retiré:"
  • Que j'aurais mieux fait de voir le film (âneries de cour de récrétation, je ne commente pas).
  • Que c'est une bonne oeuvre de fiction (idem)
  • Que c'est un ouvrage truffé de préjugés racistes et sexistes ainsi que de superstitions primitives. (idem)
  • Je ne suis pas en mesure de répondre à cette question parce que... (et il faut fournir une réponse).
Le personnage réapparaît une quatrième fois pour dire: "Dieu, à mon sens..."
  • est une idée réconfortante pour les vieillards et les mourants.
  • est le saint patron des réactionnaires.
  • est l'invention de gens effrayés par la vie.
  • Dieu ? Je n'y ai jamais vraiment pensé. (Je n'ai pas commenté parce que je trouve ça scandaleux de manipulation: La personne qui répond à ce questionnaire et surtout à cette question donne les moyens de se soumettre au gourou d'une secte qui lui dira, c'est cousu de fil blanc: "Vos idées sur la religion sont érronées, il faut tout réviser... vous ne pouvez pas être heureux à rester dans un tel doute". Non mais de quoi je me mêle ?)
Et pour finir, le bonhomme suggère que: "Ma définition de Jésus..."
  • est un philosophe juif du premier siècle.
  • Un réformateur social mal compris ("que je vais me faire un plaisir de vous expliquer, à ma façon, bien entendu!").
  • Le messie et le sauveur de ce monde.
  • Je n'ai pas d'opinion précise, il me faut plus d'informations. (Encore de la manipulation: un philosophe qui relève du social, sauveur, plus d'information... si vous pouviez m'en donner...)
Pour finir ce test, le lecteur est invité à donner ses coordonnées, quel milieu religieux il a abandonné (catholique, juif, musulman, protestant, autre) et où il se situe sur une ligne entre athée et croyant en passant par agnostique.

Et pour toute information complémentaire, il suffit juste de leur rendre visite par Internet. (Il s'agit d'une structure de la communauté juive). Perso, pourquoi ne pas aller voir mais vu la manipulation insidieuse qu'ils pratiquent, je me garderais bien de donner de quelconques coordonnées...

dimanche 27 juillet 2008

Mes convictions religieuses

Suite à mon post précédent faisant référence au célèbre jugement de Salomon, je me sens un peu obligé de parler de mes convictions religieuses.

Je suis catholique romain croyant mais peu pratiquant (pour ceux qui ne sauraient pas, je suis catholique et mon autorité religieuse de référence se trouve à Rome, au Vatican). Je pratique peu car je trouve les églises sombres, tristes, peu propice au message de joie et de lumière des textes bibliques. (Merci de ne pas polémiquer, cela m'apparaîtrait comme inconvenant, ce sont des choix que l'on fait en conscience mais le débat d'idées respectueux peut être valable, intéressant et enrichissant).

Je trouve que les papes s'égarent trop dans les réalités quotidiennes, trop à vouloir commander notre vie quotidienne dans ses moindres détails. Ce n'est pas son rôle, le pape est et devrait rester une source de morale de référence très persuasive. Peut-être que notre société actuelle s'est beaucoup trop égarée dans un confort matériel alors la papauté s'est senti obligée de s'y immiscer pour ne pas se laisser déborder ? Je le regrette. Pourtant, l'Eglise a déjà connu les erreurs des égarements dans le matérialisme avec l'affaire des indulgences (Pour s'assurer une place au paradis, il fallait payer pour ses péchés en espèces sonnantes et trébuchantes, ce qui a permis au pape Jules II de construire l'actuelle basilique Saint Pierre de Rome. Un certain Martin Luther s'y est opposé et a fondé la religion protestante).

Par rapport aux communautés religieuses, je me sens proche des franciscains (ou "ordre des frères mineurs" parce qu'ils sont dans le dénument, à l'image du Christ dans le Nouveau Testament) et de l'ordre cistercien, eux aussi dans le dénument et qui considèrent les représentations du Christ sur les vitraux des églises et sur les chapiteaux des piliers d'église comme des éléments de distraction des fidèles (civils et religieux) lors des célébrations religieuses. Vive le dépouillement ! (C'est de famille, nous sommes contre les Mater Dolorosa et autres représentation de la "très douloureuse passion du Christ" ou les Christs en croix avec un Christ au pire du misérabilisme, le visage défait par une douleur excessive. Personnellement, je trouve que ça confine à un certaine perversion de la religion qui abuse de la crédulité des moins instruits, c'est abject. Je suis contre les dogmes, l'autorité se fonde sur la raison comme dit Saint Exupéry!)

Jugement de Salomon

(1 Rois, III, 16 - 28)

16 Alors deux femmes prostituées vinrent chez le roi, et se présentèrent devant lui.

17 L’une des femmes dit : Pardon ! mon seigneur, moi et cette femme nous demeurions dans la même maison, et je suis accouchée près d’elle dans la maison.

18 Trois jours après, cette femme est aussi accouchée. Nous habitions ensemble, aucun étranger n’était avec nous dans la maison, il n’y avait que nous deux.

19 Le fils de cette femme est mort pendant la nuit, parce qu’elle s’était couchée sur lui.

20 Elle s’est levée au milieu de la nuit, elle a pris mon fils à mes côtés tandis que ta servante dormait, et elle l’a couché dans son sein ; et son fils qui était mort, elle l’a couché dans mon sein.

21 Le matin, je me suis levée pour allaiter mon fils ; et voici, il était mort. Je l’ai regardé attentivement le matin ; et voici, ce n’était pas mon fils que j’avais enfanté.

22 L’autre femme dit : Au contraire ! c’est mon fils qui est vivant, et c’est ton fils qui est mort. Mais la première répliqua : Nullement ! C’est ton fils qui est mort, et c’est mon fils qui est vivant. C’est ainsi qu’elles parlèrent devant le roi.

23 Le roi dit : L’une dit : C’est mon fils qui est vivant, et c’est ton fils qui est mort ; et l’autre dit : Nullement ! c’est ton fils qui est mort, et c’est mon fils qui est vivant.

24 Puis il ajouta : Apportez-moi une épée. On apporta une épée devant le roi.

25 Et le roi dit : Coupez en deux l’enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre.

26 Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s’émouvoir pour son fils, et elle dit au roi : Ah ! mon seigneur, donnez-lui l’enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Mais l’autre dit : Il ne sera ni à moi ni à toi ; coupez-le !

27 Et le roi, prenant la parole, dit : Donnez à la première l’enfant qui vit, et ne le faites point mourir. C’est elle qui est sa mère.

28 Tout Israël apprit le jugement que le roi avait prononcé. Et l’on craignit le roi, car on vit que la sagesse de Dieu était en lui pour le diriger dans ses jugements.

Un enseignement biblique que les gens n'utilisent pas assez pour résoudre les problèmes relationnels apparemment graves, mais en réalité, ils ont la plupart du temps pris des proportions démesurées et fallacieuses pour ne pas avoir à reconnaître des torts bien réels... Dans quelques unes de mes histoires de couples, si un proche, un ami avait fait valoir cela, ça m'aurait bienr rendu service. Evidemment, c'est un enseignement moral, le cas du jugement de Salomon est bien trop connu pour pouvoir se reproduire dans les mêmes détails. (Et encore...)

jeudi 5 juin 2008

Le plus gentil, vraiment ?

Tôt ce matin, en rentrant chez moi, je croise une minette et deux gars que je ne connaissais pas. Un gars me reconnaît et me dit: "Ah je vous reconnais, vous travaillez dans telle enseigne ?". Histoire de déconner, je lui demande laquelle. Le gars m'avait bien reconnu et il ajoute que je suis un des rares à y être sympa. Ca me fait rire (la plupart de mes collègues me font la gueule, j'ai le tort d'être réglo dans un monde, pas seulement professionnel, ambitieux, opportuniste et cruel où j'ai appris à m'affirmer mais dans lequel je ne me reconnais pas).

Ca me fait rire, mais ça m'agace aussi. Sans fausse modestie, je ne suis pas "un des rares à être sympa" à mon boulot, je ne suis pas fondamentalement sympa, je crois tout bêtement que je bénéficie de quelques denrées qui tendent à se raréfier et que personne ne veut valoriser: je suis normal, c'est à dire que je suis quelqu'un qui vient à son travail d'humeur égale (ce qui ne présume en rien de mon moral), je suis humain (je m'adapte au rythme de chacun). Je crois que tout cela s'appelle la politesse. Elle n'est plus valorisée, nous sommes dans une société du rendement immédiat. Valoriser l'immédiat sur le long terme, quelle grave erreur! Valoriser le materiel sur l'humain, quelle grave erreur! Il suffit de s'en référer à monsieur Frederick Winslow Taylor (1856-1915) pour s'en convaincre. Alors, on va m'opposer les Temps Modernes de Charlie Chaplin. Facile et opportuniste.

Les théories de monsieur Taylor (sur l'organisation scientifique du travail) étaient tout à fait respectables mais il leur fallait du temps pour se mettre en place. Elles ne tiraient leur cohérence que de leur globalité. Il ne faut jamais prendre un évènement de façon isolée mais toujours dans une globalité. Ces théories prétendaient apporter un gain de production, jamais suffisamment rapides à apparaître dans les comptes pour l'employeur, surtout les plus concernés par le profit. C'est vrai. Alors, on a accéléré le processus, à en dévoyer les principes fondamentaux et le taylorisme des années 30 est devenu une façon de tyranniser l'ouvrier. C'est cette tyrannie que Charlie Chaplin dénonce dans les Temps Modernes.

PS: On m'excusera de parler de monsieur Frederick Winslow Taylor et moins de monsieur Henry Ford (1863-1947) que je connais beaucoup moins bien.

jeudi 1 mai 2008

Pour un monde à améliorer, constamment

Si je publie beaucoup moins qu'avant sur mon blog, c'est entre autres parce que j'aime pas trop parler de moi ni de ma petite personne, tout ceci relève d'un certain ordinaire. Ma philosophie de la vie ? Bah, j'ai l'impression d'avoir déjà tout résumé de façon concise et ne plus pouvoir faire que de la "redite" sur le sujet. Mon boulot me permet assez peu de loisirs pour voyager. Je rentre ce jour d'une longue virée avec un très grand nombre de photos qui fera provisoirement mentir pendant quelques jours ce que je viens de raconter. Je mitonne un assemblage de photos, de cartes Google & co et d'anecdotes.

Pendant cet agréable voyage, j'ai eu l'occasion de réfléchir et de me conforter dans quelques opinions. A savoir que pour vivre dans un monde meilleur, il suffirait que chacun prenne sur soi pour ne jamais faire de discriminations. Les plus concernés diront toujours: "Mais je ne discrimine pas". Comme dans la chanson Lily de Pierre Perret, où Lily la noire se trouve un beau blond frisé tout prêt à l'épouser "on est pas raciste pour deux sous, mais on ne veut pas de ça chez nous..."

Il faut admettre que oui, parfois, on peut être faible et qu'on peut commettre des discriminations malheureuses parce que blessantes gratuitement, de façon plus ou moins lamentable, de façon plus ou moins minable. Qu'est-ce que c'est que discriminer, en toute humilité ? Je m'inspire de ce document PDF de la HALDE pour les énoncer.

Les critères de discrimination prohibés par la loi sont:
  • l'origine (à quoi bon ? À quoi bon discriminer sur nos origines ? Pourquoi ne pas envisager les différences d'origine, qu'elles soient ethniques, sociales, culturelles, etc. comme une valeur ajoutée de son prochain, un enrichissement humain en puissance le jour où cela doit arrriver en laissant le temps au temps pour que cela se révèle. Et tous ses critères sont des critères que Dame Nature nous a attribué de la façon la plus arbitraire qui soit et contre lesquels on ne peut rien ou si peu...)
  • le sexe (à quoi bon discriminer encore une fois sur un tel critère ?)
  • l'apparence physique (à quoi bon ? Qui peut se dire à l'abri d'un accident imprévu susceptible de le défigurer ?)
  • le patronyme (à quoi bon ?)
  • l'état de santé (à quoi bon ?)
  • le handicap (à quoi bon ?)
  • les caractéristiques génétiques (à quoi bon ?)
  • les moeurs (à quoi bon ?)
  • l'orientation sexuelle (à quoi bon ?)
  • l'âge (à quoi bon ?)
  • les opinions politiques (à quoi bon ? À partir d'ici, je reviens sur mon argument "critères que Dame Nature nous a attribué arbitrairement". Quoique... le milieu dans lequel on a grandi peut agir sur ce critère et ceux à venir. Si on raisonne de façon individelle par rapport à sa propre vie menée au mérite, je me dois de revenir sur mon argument "Dame Nature")
  • les activités syndicales (à quoi bon ?)
  • l'appartenance (ou non); vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée (à quoi bon ?)

jeudi 17 avril 2008

Télé-poubelle

Hier matin (comme ces derniers jours), j'avais un peu la flemme de mettre un pied par terre (Je ne ferai pas ce bonheur à ces personnes qui me détestent honteusement de leur dire que je me lève du pied gauche. Me lever du pied gauche n'est pas très intéressant, me lever du pied droit me permet d'allumer mon sacro-saint ordinateur et la télécommande de la télé qui n'est jamais très loin).

Et le matin sur la TNT, ben c'est toutes les cochonneries de télé-poubelle américaine, entre les émissions de relooking, les célibataires qui trouvent leur mari/leur épouse (parfois, c'est plus rare à prendre un côté cirque, il s'agit d'homosexuels). Je ne citerai pas les programmes, il suffit de zapper sur la TNT pour savoir de quoi il s'agit.

Ce matin, j'ai vu un gars (j'ai pris l'émission en cours). Je ne sais pas quel âge il avait. (Rectificatif, le quidam dont il s'agit n'est jamais que Mark Philippoussis, ex-numéro 8 mondial à l'ATP, en 1999. Fin 2006, il était 91e. Il avait donc 33 ans dans l'émission de télé-poubelle.

Mark Philippoussis

Son nom me dit vaguement quelque chose, comme l'actuel numéro 8 mondial, Andy Murray).

Andy Murray

Il en avait éliminé un bon nombre de soupirantes et c'était la finale. (Comme si le choix de sa copine se traitait en demi-finales et finale... Où est la morale dans un tel propos ? Rectificatif: S'il ne sait même plus distinguer le tennis de la vie sentimentale, je le plains... ) Une nana beaucoup plus âgé que lui et une autre plus jeune que lui, deux péronelles. Evidemment, il a pris la plus jeune après avoir conté fleurette XXL aux deux, de la même façon. Et la minette a poussé un cri de joie: "Ca y est, maintenant, il m'appartient". Quelle abomination de n'éprouver que de la satisfaction d'avoir un mec qui lui appartient avant même d'envisager les enjeux et les conséquences d'aimer et d'être aimée.

Quelques jours auparavant, j'étais tombé sur une autre émission américaine où la jeune femme devait sélectionner en demi-finale entre trois prétendants. Trois gars bien WASP (White Anglo-Saxon Protestant, le critère pour faire partie de l'aristocratie américaine. Le terme est en train de tomber en désuétude parce trop politiquement incorrect dans une Amérique qui commence à entrouvrir les portes de toutes les autres communautés existantes). Deux playboys et un gentil doux rêveur. Et la péronelle d'éjecter le doux rêveur au profit des deux playboys, genre à rayer le parquet...

Et le doux rêveur de raisonner bravement: "Si elle n'a pas voulu de moi, tant pis pour moi, tout ce que je souhaite, c'est son bonheur". Il préfère sacrifier ses émotions pour cette fille qui s'est comporté comme une péronelle. Cela m'évoque le jugement de Salomon (3e chapitre, verset 16 du premier livre des Rois. Je trouve qu'on ne s'y réfère pas sufffisamment souvent, c'est un comportement si fréquent dans notre quotidien). Cette fille ne vaut rien, le gars mentionné plus haut ne vaut rien non plus, s'ils valaient quelque chose, ils auraient trouvé un partenaire comme leurs ancêtres se sont trouvés avant de passer par le strass et les paillettes si malsains parce que si fallacieux de la télé-poubelle si sacralisée aujourd'hui.

mercredi 27 février 2008

Sondage

Je viens de lire un article sur LCI intitulé "Pourquoi les musulmans aiment l'Amérique ?". Le titre de l'article fait suite à la question du président George W. Bush: "Pourquoi nous haïssent-ils ?" après les attentats du 11 septembre 2001. Il y avait lui-même aussitôt répondu en disant qu'ils détestaient le principe d'un gouvernement démocratiquement élu, qu'ils haïssaient leurs libertés, leurs libertés de religion, leur liberté de parole, leur liberté de parole, leur liberté de voter, de se réunir, de ne pas être d'accord les uns avec les autres."

En réalité, un sondage Gallup réalisé durant six ans dans une quarantaine de pays et trois continents révèle que les musulmans ne détestent pas le monde occidental en général ni les Etats-Unis en particulier.(Ce n'était pas bien sorcier de le deviner!)

Le sondage confirme ce que le bon sens pouvait laisser présager: Les musulmans admirent l'Occident pour sa démocratie, ses libertés et ses progrès technologiques (je trouve même cela crétin, le goût pour un régime politique plus qu'un autre, le goût pour la liberté, le goût pour la modernité n'a rien à voir avec une religion saine. Je ne connais aucun texte sacré qui fasse l'apologie ou qui bannisse le progrès sous quelque forme que ce soit). Mais ils ne veulent pas qu'on leur impose le modèle unique occidental (ce qui me semble bien respectable et bien normal. Je suis pour le respect absolu des différences, de toutes les différences en considérant que chaque individu est fondamentalement égal à son prochain. Il a une autre religion ? Une autre origine ? D'autres convictions ? D'autres goûts ? Rien n'autorise à le considérer comme supérieur ou inférieur à quelqu'un d'autre, il a juste accès à d'autres richesses intérieures qu'il est libre de me faire partager. Et je n'ai que mon respect pour l'y inviter). Ils ne se placent même pas dans un régime séculaire ou une théocratie mais réclament juste une démocratie avec des valeurs religieuses.

Les extrémistes religieux ne sont pas plus religieux, "dévôts" que les modérés, ni même plus particulièrement concernés par les problèmes sociaux de leurs correligionnaires (pauvreté, quotidien des réfugiés...). Les plus radicaux sont souvent plus éduqués, avec un meilleur emploi et sont même plus optimistes envers l'avenir que la masse des musulmans.

La plupart des musulmans reconnaissent que la religion constitue une grande part de leur quotidien (99% en Indonésie, premier pays au monde en nombre de musulmans, 98% en Egypte, 95% au Pakistan).

De très nombreux musulmans qui ont répondu au sondage condamnent les attentats du 11 septembre parce que d'innoncents y ont perdu la vie, certains ont même justifié leur condamnation en faisant allusion au verset du Coran qui dit que supprimer une vie revient à supprimer toute l'humanité.

La Mecque


vendredi 18 janvier 2008

La prophétie de Prémol

Prémol n'est même pas un village, c'est le nom d'une chartreuse sise dans le village de Vaulnaveys-le-Haut (département de l'Isère, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Grenoble, la ville préfecture).

On n'a jamais su qui était l'auteur de cette prophétie. On sait juste qu'elle a été retrouvée en 1783 (18e siècle) dans les papiers d'un notaire qui gérait les affaires du couvent.

Cette prophétie résume l'histoire des chefs d'état de la France tout au long du 19e siècle. C'est une prophétie, elle est "codée", seuls les initiés peuvent la comprendre.

L'aigle représente l'empire, le Lys (fleur de lys) représente la royauté et le coq (coq gaulois) représente la République et le Dragon, la contestation politique violente. Les heures sont à interpréter en mois dans l'histoire de France.

1. L'Esprit me conduit dans les régions célestes et il me dit : "Il est écrit que L'Archange Michel combattra le Dragon, et il le combattra devant le Triangle de Dieu." (Voir Apo. XII, 7)

2. Puis il ajouta : "Ouvre les portes de l'entendement. L'Archange et le Dragon sont les deux esprits qui se disputent l'empire de Jérusalem ; et le Triangle, c'est la gloire du Très-Haut."

3. Et avant que le commencement de la fin prédit par les prophètes n'arrive, il y aura un combat sur chacun des côtés du Triangle, c'est-à-dire trois temps.

4. Et après ces trois temps, l'Archange et le Dragon feront la paix, et le Triangle de Dieu brillera de tout son éclat sur la terre, et la paix sera aux hommes de bonne volonté.

5. Et ces temps seront inégaux ; mais ils seront marqués du nombre de Dieu ; et ces nombres sont simples et caractéristiques, et parmi les simples, il en choisit quelques-uns.

6. Ouvre les portes de l'entendement, car tu vas connaître les signes de Dieu. Amen.

7. Or, reprit l'Esprit, depuis le commencement de Jérusalem, c'était l'Archange qui régnait sans partage.

8. Et voilà que le 13e jour a lui, et le Dragon chasse l'ange du Temple et immole l'Agneau sacré et couronné.

9. Mais le Dragon ne fait que passer, répandant le trouble, la terreur et le sang, et fauchant de sa queue le Lys sur sa route. (La révolution qui décapite la monarchie, exécution de Louis XVI)

10. Le torrent impétueux laisse souvent un limon bienfaisant sur les champs qu'il ravage, et le fils du laboureur profite alors des larmes de son père. Ainsi passera le Dragon.

11. Onze heures lui seront comptées, et voici de nouveau l'Archange sur la nue qui envoie l'Aigle pour dévorer le Serpent. (Les onze ans de la Révolution française terminé par le coup d'état du 18 brumaire an VIII).

12. Et le deuxième temps commence, me dit l'Esprit, et onze heures sont données au vol de l'aigle. (Les onze ans du Premier Empire)

13. Et voici le Lys qui renaît aux champs ; mais l'heure sonne et la serre de l'aigle vient l'arracher. (Rétablissement de la monarchie et les Cent Jours).

14. Et pas encore une heure, et la tempête précipite l'aigle sur le rocher. (Les Cent Jours et déportation de Napoléon à Saitnte Hélène)

15. Et le Lys refleurit de nouveau pendant trois fois cinq heures, jusqu'à ce que le Coq le coupe de son bec et le jette sur le fumier. (La Restauration, 1815 - 1830)

16. Or, le Dragon dévorera le Coq lorsqu'il aura chanté deux fois, trois fois trois heures sur son fumier. (La Monarchie de Juillet, 1830 - 1848)

17. Et le Coq ne serait pas dévoré s'il quittait le fumier (rétablissement de la République et le coup d'état du 2 décembre 1851), car après deux fois, trois fois deux heures (les dix-huit ans du Second Empire puisque Napoléon III s'est fait proclamer empereur en 1852 et que la défaite de Sedan a eu lieu le 1er septembre 1870, fin 1870 => 1871), l'Ange l'avertit et lui crie : "Malheur ! Trois fois malheur !" Mais il ne veut pas entendre.

18. Ainsi l'homme se joue des prophéties et périra, parce qu'il n'a pas cru les envoyés du Seigneur.

19. Ainsi arrivera le Dragon, après les quarante-trois heures de l'Archange. (1913/1914 ? On voit approcher la Première Guerre Mondiale...)

20. Et encore trois heures, et le Dragon sera écrasé à son tour. (1916/1917=> Révolution russe ?). Et ce sera le commencement du troisième temps.

21. Or le Lys venait de reparaître après la chute de l'Aigle sur le rocher, et l'Esprit me montra les douze apôtres placés sous les douze signes du zodiaque, bénissant Dieu et chantant ses louanges.

22. Et l'arc-en-ciel s'élevait au-dessus de leurs têtes, comme une auréole commune soutenue par la main des anges.

23. Et Judas était au centre du cercle, au milieu des apôtres, blasphémant, et les monstres de l'Enfer étaient sous ses pieds.

24. Et voilà que l'Esprit me dit que le Triangle de Dieu allait parcourir les signes et se reposer sur la tête des apôtres, et que chaque repos serait une époque marquée par le nombre de Dieu et par celui de l'apôtre, et que grands bruits et révolutions se faisaient sur la terre jusqu'au jour où il arrêterait sa marche.

25. Mais malheur, trois fois malheur, lorsqu'il passera sur la tête de Juda ! Car c'est alors qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents et que la terre criera merci jusqu'au jour où il fera entendre sa voix du haut du Sinaï, pour assembler les brebis du troupeau.

26. Malheur, trois fois malheur à ceux que ne toucheront pas les signes du Seigneur ; car pour eux le châtiment sera terrible.

27. Et mes yeux étaient obscurcis par la splendeur du Triangle de Dieu, car il était plus resplendissant que le soleil, et je ne voyais qu'une mer de lumière et je n'entendais rien.

28. Lorsque tout à coup j'entendis comme un bruit effroyable et je vis les nuages s'amonceler et la foudre éclater.

29. Le Triangle n'était pas encore au milieu de l'arc ; mais il n'avait plus qu'un pas à faire ; le nombre de son repos était un des nombres choisis.

30. Un coup de tonnerre ouvrit les nues, et j'aperçus Jérusalem abîmée sous une effroyable tempête, et ses murs étaient tombés sous les coups de bélier, et le sang ruisselait dans les rues ; car l'ennemi s'en était rendu maître.

31. Et l'abomination de la désolation régnait dans la cité.

32. Et bien des signes avaient eu lieu auparavant à chaque repos du triangle.

33. Et voilà que j'aperçus le patriarche qui sortait du Temple envahi par les enfants de Baal, et qui fuyait, emportant avec lui l'Arche Sainte, et il courait vers la mer où se couche le Soleil.

34. Et l'Esprit me dit ; "Le soleil se couche à l'Occident et se lève à l'Orient, la nuit succède au jour, et le jour à la nuit. Ainsi l'a ordonné le verbe de Dieu."

35. Et cela arrivera une fois sur chaque côté du Triangle avant qu'arrive le règne de Dieu.

36. Que ceux qui ont des oreilles l'entendent et qu'un jour où la lumière viendra, ils sachent le reconnaître !

37. Car un flambeau doit venir qui n'est pas le soleil et qui viendra du côté où se lève le soleil et disparaîtra du côté où il se couche.

38. Et il viendra après les ténèbres, et il éclairera le monde et, quand il aura disparu, la lumière restera.

39. Car en vérité, je vous le dis : à peine l'arche sera-t-elle attaquée par les vers, que vous briserez le chandelier qui porte le flambeau. Et la lumière restera.

40. Ceci aura lieu quand, après avoir quitté Juda, le Triangle aura recommencé de parcourir les signes. Car alors les temps réduits commenceront et vous ferez pénitence pour être aimés de Dieu.

41. Et voilà que je vis les vainqueurs de Jérusalem remplacer l'arche par le veau d'or ; et ils se prosternaient à ses pieds et l'adoraient.

42. Son ventre seul était d'or, et le reste était chair et le ventre était son bouclier.

43. Et des traits étaient lancés contre lui, mais ne pouvaient l'atteindre.

44. Et il n'y avait pas encore un signe de plus, qu'une peste effroyable ravageait la cité et le fléau de Dieu s'appesantissait sur la terre.

45. Et la corruption allait croissant et s'étendait en marais sur la plaine, et les hommes se changeaient en reptiles et se baignaient et vivaient dans ces eaux fangeuses.

46. Et d'autres se changeaient en oiseaux et prenaient leur vol vers la montagne pour fuir les eaux montantes ; et ils attendaient, la rage dans le coeur, la venue du dragon qui doit boire le lac.

47. Et je les vis se grossissant sur la montagne, et l'Esprit me dit : "En vérité, je vous le dis : Le jour où le Triangle s'arrêtera sur la tête de Juda, les aiglons se précipiteront de la montagne pour dévorer les habitants de la plaine."

48. Malheur ! Trois fois malheur ! Car ce jour approche et le nombre de Juda l'annonce avec le nombre de Dieu.

49. Et je vis, en effet, que tout était rouge de sang autour de Juda.

50. Et le Triangle parcourait les signes, et l'Esprit me disait : "Toute chair périra et la chair de l'idole périra aussi, et non seulement sa chair, mais encore son ventre ; car le temps approche que le ventre s'affaissera dans la pourriture de la chair et que la main le fuira."

51. Et cela arrivera à la voix du Sinaï, et ce sera le premier signe après les épouvantements de Juda. Et ce premier signe sera le commencement de la fin, car la fin approche ; mais que la terre ne tremble pas. Dieu sera béni. Amen.

52. Et l'esprit souffla sur mes yeux. Et j'aperçus le Veau d'or au milieu de ses serviteurs. Et il avait deux cornes.

53. Celle de droite était fort grande, et l'on brûlait l'encens devant elle. Et celle de gauche ne faisait que pousser.

54. Et ces deux cornes étaient des cornes d'abondance et contenaient toutes les espérances.

55. Et le Triangle de Dieu s'était arrêté et il n'avait plus que trois signes à parcourir avant de passer par Juda.

56. Voilà que la grande corne se brise contre le pavé des murailles et que l'épouvante règne dans la cité.

57. Puis je vis une colombe noire qui tenait une croix renversée descendre sur la petite corne et la couvrir de ses ailes.

58. Cependant une autre grande corne sortait rapidement du front du Veau d'or. Et la colombe s'envola.

59. Et le Veau d'or secouait la tête, comme pour s'assurer de sa nouvelle défense. Et il se croyait puissant et fort. Mais l'Esprit des ténèbres était en lui.

60. Et l'Esprit me dit : "La grande corne est brisée, et c'est un présage, mais l'homme ne croit pas."

61. "Et l'autre grande corne ne pourra défendre l'idole contre ses ennemis. Elle sera renversée et brisée. Et ses débris seront dispersés."

62. Et la petite corne tuera le second né du Dragon.

63. Mais le Triangle avait fait deux pas et un tremblement de terre secoua Jérusalem jusque dans ses fondements et renversa l'idole que ses adorateurs abandonnèrent en lui criant : Raca.

64. Car le premier-né du Dragon s'était levé des entrailles de la terre et son regard fascinait les hommes. Et son souffle embrasait tout.

65. Encore un signe et le Dragon périra en son temps, me dit l'Esprit ; car l'Archange Michel le combat en tous lieux, et déjà il n'a plus qu'un seul repaire.

66. Et il sortira de ses flancs, comme Jonas du ventre de la baleine, le Captif qui doit lui écraser la tête.

67. Encore un signe et le Dragon périra. Oui, mais encore un signe, et il dévastera la terre, car il parcourra le monde tant que le Triangle restera sur Juda.

68. Et il ne s'arrêtera que devant la lumière qui le chassera comme elle chasse les ténèbres ; or, l'aurore commencera quand le Triangle quittera Juda.

69. Et le Triangle ayant fait un pas, je vis la tempête qui agitait au loin les vagues de la mer.

70. L'Archange planait sur les nues et le Dragon se tordait en tronçons sur la terre.

71. Et je vis, sur le sommet de Jérusalem, un ver luisant d'un éclat remarquable.

72. Ah ! Seigneur, vos secrets sont impénétrables ! Que signifie ce chandelier à sept branches, que je vois s'avancer avec ses sept torches, dont la lumière semble vouloir éclipser l'éclat du point qui brille au sommet du Temple et forcer le ver à rentrer sous terre ?

73. Mais que vois-je ? La torche la plus grande et la plus ardente tombe et s'éteint et les autres s'en réjouissent et se disputent sa place.

74. Et voici les branches du chandelier qui s'entrechoquent et les étincelles qui voltigent sur les épis. Grand Dieu ! L'incendie dévore les moissons, l'orage gronde et la foudre éclate avec fracas.

75. Et je vois les tronçons épars du Dragon qui se réunissent. Ah ! Seigneur, votre Triangle se repose maintenant sur Juda ! Seigneur, Seigneur, arrêtez votre colère ! Par quels signes voulez-vous donc manifester votre puissance !

76. L'Archange est remonté vers les cieux et le Dragon lève la tête et fait entendre des sifflements affreux.

77. Et les loups affamés se précipitent de la montagne et viennent dévorer les moutons qu'ils déchirent jusqu'au milieu des étables.

78. Et les hommes épouvantés s'enfuient de tous côtés emportant leurs trésors ; et ils sont accablés de leurs trésors et tombent sur les chemins.

79. Quel carnage, ô mon Dieu ! Le sang coule à flots dans le lit du Jourdain. Il roule des cadavres, des crânes brisés et des membres épars.

80. Et les vagues de la mer s'en vont aux rivages lointains épouvanter les nations.

81. N'est-ce pas assez, Seigneur, d'une pareille hécatombe pour apaiser votre colère ? Mais non. Quels sont ces bruits d'armes, ces cris de guerre et d'épouvante qu'apportent les quatre vents ?

82. Ah ! Le Dragon s'est jeté sur tous les États et y apporte la plus effroyable confusion.

83. Les hommes et les peuples se sont levés les uns contre les autres. Guerres, guerres ! Guerres civiles, guerres étrangères !

84. Quels chocs effroyables ! Tout est deuil et mort, et la famine règne aux champs.

85. Jérusalem ! Jérusalem ! Sauve-toi du feu de Sodome et de Gomorrhe et du sac de Babylone.

86. Eh quoi, Seigneur ! Votre bras ne s'arrête pas ! N'est-ce pas assez de la fureur des hommes pour tant de ruines fumantes ?

87. Les éléments doivent-ils encore servir votre colère ? Arrêtez, Seigneur, arrêtez ! Vos villes s'abîment d'elles-mêmes.

88. Grâce, grâce pour Sion ! Mais vous êtes sourd à nos voix, et la montagne de Sion s'écoule avec fracas !

89. La croix du Christ ne domine plus qu'un monceau de ruines.

90. Et voici que le roi de Sion attache à cette Croix et son sceptre et sa triple couronne, et, secouant sur les ruines la poussière de ses souliers, se hâte de fuir vers d'autres rives.

91. Toi, superbe Tyr (Beyrouth) qui échappes encore à l'orage, ne te réjouis pas dans ton orgueil. L'éruption du volcan qui brûle tes entrailles approche.

92. Tu tomberas bien plus avant que nous dans le gouffre.

93. Et ce n'est pas encore tout, Seigneur ! Votre Église est déchirée par ses propres enfants.

94. Les fils de Sion se partagent en deux camps : L'un fidèle au Pontife fugitif, et l'autre qui dispose du gouvernement de Sion, respectant le sceptre, mais brisant les couronnes.

95. Et qui place la tiare mutilée sur une tête ardente, qui tente des réformes que le parti opposé repousse, et la confusion en est le sanctuaire.

96. Et voilà que l'Arche sainte disparaît.

97. Mais mon esprit s'égare et mes yeux s'obscurcissent à la vue de cet effroyable cataclysme.

98. Mais, me dit l'Esprit, que l'homme espère en Dieu et fasse pénitence ; car le Seigneur tout-puissant est miséricordieux et tirera le monde du chaos et un monde nouveau recommencera.

99. Or, L'Esprit souffla sur mes yeux, et le Triangle de Dieu avait quitté Juda, et il se trouvait au premier signe.

100. Et je vis un homme d'une figure resplendissante comme la face des anges, monter sur les ruines de Sion.

101. Une lumière céleste descendit du ciel sur sa tête, comme autrefois les langues de feu sur les apôtres.

102. Et les enfants de Sion se prosternèrent à ses pieds, et il les bénit.

103. Et il appela les Samaritains et les Gentils, et ils se convertirent tous à sa voix.

104. Et je vis venir de l'Orient un jeune homme remarquable monté sur un lion.

105. Et il tenait une épée flamboyante à la main. Et le Coq chantait devant lui.

106. Et sur son passage tous les peuples s'inclinaient, car l'Esprit de Dieu était en lui.

107. Et il vint aussi sur les ruines de Sion, et il mit la main dans la main du Pontife.

108. Et ils appelèrent tous les peuples qui accoururent. Et ils leur dirent : "Vous ne serez heureux et forts qu'unis dans un même amour."

109. Et une voix sortie du ciel, au milieu des éclairs et du tonnerre, disait : "Voici ceux que j'ai choisi pour mettre la paix entre l'Archange et le Dragon, et qui doivent renouveler la face de la terre. Ils sont mon verbe et mon bras. Et c'est mon Esprit qui les garde."

110. Et je vis des choses merveilleuses.

111. Et j'entendis les cantiques s'élever de la terre aux cieux.

112. Puis j'aperçus à l'horizon un feu ardent. Et ma vue se troubla, et je ne vis et n'entendis plus rien.

113. Puis l'Esprit me dit : "Voici le commencement de la Fin des Temps qui commence." Et je m'éveillai épouvanté.

mercredi 5 décembre 2007

Recueillement

Je n'ai encore jamais eu l'occasion de raconter mes dernières vacances sur ce blog (début juin 2007).

D'habitude, les gens pensent aller bronzer, d'ailleurs, la commune où j'étais est réputé pour aller bronzer, il s'agit modestement que de Cannes, oui, oui, la ville du festival de cinéma. Une des nombreuses villes où il ne fait bon que paraître dans les grandes enseignes d'hôtel, les grands joaillers, les grands de la mode. Je laisse ce soin aux autres.

Non, j'ai préféré prendre le large et me recueillir religieusement dans les îles de Lérins, sur l'île de Saint Honorat (la plus méridionale des îles de Lérins).



C'est une communauté cistercienne établie (en 1988 à Saint Honorat, mais la communauté de Cîteaux existe depuis le Moyen-Age!) dans des locaux clunisiens (D'après ce que j'ai cru comprendre mais que je n'ai lu nulle part, les cisterciens et les clunisiens ne sont pas franchement amis-amis. Le lieu de fondation de chaque communauté se trouve à 133 kilomètres de kilomètres de distance l'un de l'autre, mais plutôt que de fonder une communauté commune, ils ont préféré esssaimé leur abbayes respectives sur à peu près tous les continents...). Voici le trajet de Saint Nicolas les Cîteaux (la ville la plus au nord des deux) vers Cluny.



Mis à part leurs querelles de clochers (qui ne rentrent pas dans mes centres d'intérêt de catholique romain plutôt fervent), ça a été une magnifique expérience, les cisterciens étant une communauté qui vit dans le silence et c'est bien apaisant (au-delà de reposant, nous sommes ici dans la spiritualité).

Original, il y avait des jeunes filles qui venaient réviser leur bac philo.

Ce qui m'a outré, c'est le manque de respect à l'égard de la religion et de la communauté des fidèles, aussi bien de la part des fidèles (hommes & femmes) que des touristes du dimanche qui venaient pour l'office. De nombreuses femmes sont venues en grand décolleté et jupes courtes (des tenues aussi inconvenantes que Cécilia Sarkozy pour le 14 juillet 2007, il n'était peut-être pas opportun en de telles circonstances d'avoir un décolleté et de montrer ses bras et ses mollets quelle qu'ait pu être la température ce jour là).

Cécilia Sarkozy

Et évidemment, les messieurs, c'est pas mieux. (Marcels, shorts riquiquis). Limite si un jour, ça ne sera pas le défilé des maillots de bains brésiliens!!!

vendredi 5 octobre 2007

Tribulations de dimanche matin

L’autre dimanche, j’étais d’expédition dans Paris. Sur lon trajet de retoour, mes pas m'ont conduit devant une jolie petite église très bien éclairée où l'office commençait. Pourquoi pas ? Officiant africain, micro parfaitment réglé (c'est rare...), très belle homélie exprimée dans un français soutenu et moderne (c'est appréciable).

Pendant l'office, il y avait un diacre qui participait à l'office, pourquoi pas ? A la fin de l'office, un des prêtres l'a présenté ainsi que sa femme. Etait-ce bien nécessaire ? Oui et non. Mais j'intègre dans ça dans une plus grande globalité.

Je suis outré qu'un homme marié "délaisse" sa femme pour la vocation religieuse. Quand on se marie religieusement, c'est pour le meilleur et pour le pire, principalement le matériel (dans notre société matérialiste que j'exècre pour le mal qu'elle cause...) mais également dans le spirituel.

J'ai une conception assez exclusive de l'engagement à l'autre, j'estime qu'on ne peut pas s'engager convenablement à son conjoint et à Dieu, j'y vois un opportunisme assez trivial et ça ne rentre pas dans mes canons de la foi religieuse. Je n'ai pas peur d'admettre non plus que je suis peut-être un peu jeune sur la question et que j'ai peut-être besoin d'enrichir mon raisonnement sur la question.

D'une certaine manière, je considère que l'officiant, en présentant la femme du diacre, a encouragé l'abnégation de cette femme à sa propre dignité, à sa propre existence dans le seul intérêt (matérialiste) des effectifs du clergé parisien et au mépris de toute morale religieuse. Tromper sa femme par le diaconat ne m'apparaît plus immoral que de la tromper pour une jeunette. Si la femme est consentante, il n'y a rien à dire. Il y a des personnes qui considèrent encore que la religion autorise d'imposer toutes les abnégations, je trouve que c'est d'un archaïsme inutile et ridicule, d'autant qu'il n'y en a probablement aucune reconnaissance dans la mort (sainteté). Il y a des cas, rares, où la femme mourante d'un cancer très symboliquement féminin, utérus, sein, veut voir son mari redémarrer une vie heureuse avant de partir.

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